Bilan de la saison camping 2019: région par région

Redaction - 24/10/2019

enquete saison OUV

Malgré une commercialisation souvent compliquée obligeant souvent un pilotage à vue, la saison semble s'être terminée plutôt bien. Surtout dans les campings au nord de la Loire. A l’inverse, le Sud a souffert. Il est vrai qu’en raison du beau temps général, certains vacanciers ne sont pas allés chercher le soleil si bas. A commencer par les nord-européens. Découvrez, région par région, comment s'est déroulée la saison de camping 2019.

Occitanie: une mauvaise saison

OCCITANIE

Si l’on met à part les montagnes pyrénéennes (Hautes-Pyrénées et Ariège), la saison 2019 restera dans les annales  comme une réelle déception pour la plupart des territoires, notamment pour les établissements dits de campagne.

Elle apparaît comme une saison de transition à la fois météorologique et économique dans un environnement en mutation accélérée. Le recul est particulièrement spectaculaire chez les indépendants qui ne bénéficient pas de la force de frappe marketing des grands groupes et chaînes dont les affiliés sont les seuls à tirer leur épingle du jeu cette année. Le littoral lui-même, pourtant véritable Eldorado, a marqué le pas. « Même au mois d’août les établissements étaient pleins sans plus et sans générer de déversement dans les campings de deuxième ligne. Cela représente à peu près 20 % de notre clientèle » explique Bernard Sauvaire, président HPA du Gard. Les gestionnaires pointent tous un mois de juillet illisible et décevant qui contribue largement au recul constaté.

Gilets jaunes et canicule

Au septième mois de l’année, visiblement les facteurs sont multiples et ils sonnent plusieurs fois. « Nous payons pour les manifestations des Gilets jaunes qui ont effrayé les clients du nord de l’Europe et notamment les Hollandais », indique Jean-Paul Gély qui parle d’une année catastrophique pour son département de la Lozère. Dans le Gers, l’Aude ou le Lot, on montre aussi du doigt les héros des ronds-points. Les vidéos d’incendies et de guérillas urbaines ont généré des messages anxiogènes dissuadant les voyageurs des Pays-Bas de prendre la route de la France dans un tel climat d’incertitude.« La fréquentation des Néerlandais est également en baisse en Aveyron », précise Philippe Champetier, président du syndicat départemental.

Ladite clientèle est donc restée au pays ou bien elle a pris la direction de cieux pacifiques et de ronds-points dégagés. « La canicule a aussi joué un rôle important. Autour de 40 °C, la vie quotidienne dans des locatifs non-climatisés devient inconfortable. Et surtout, aujourd’hui, nous sommes dans l’incertitude. Nous manquons de visibilité et de repères pour l’avenir », estime Christian Moncoutie dans le département du Lot qui entend nourrir rapidement une réflexion pour les cinq années à venir. Même si les Gilets jaunes ne seront pas une constante chaque printemps pour effaroucher les estivants européens. « Nous entrons dans une nouvelle ère de concurrence accrue avec la montée en puissance des autres destinations méditerranéennes : l’Italie, la Croatie, la Grèce, la Tunisie. Et le phénomène des plateformes collaboratives de location entre particuliers est aujourd’hui installé et il est même en plein essor », analyse Jean François Bey le président régional qui lance une réflexion sur la modification climatique en cours.

Au-dessus de la plaine, les montagnards sont les seuls à afficher de bons résultats et même meilleurs que 2018. « L’effet air frais, la chaleur mais sans canicule nocturne a joué à plein en notre faveur, même si les séjours auraient plutôt tendance à se raccourcir légèrement » indique Michel Dubié, responsable de la fédération régionale HPA Midi-Pyrénées qui note un retour net au camping traditionnel avec tente ou caravane en net regain de fréquentation cette année. Même si en altitude le mois de juillet n’a jamais répondu aux attentes commerciales. « On peut aujourd’hui estimer que la haute saison se resserre sur la dernière semaine de juillet et sur le mois d’août », poursuit Jean François Bey. « Il faudrait modifier le calendrier des vacances d’été et obtenir que les Français partent en vacances à des moments différents selon les zones sur le modèle des vacances de février avec juste un tronc commun », estiment Philippe Robert de l’Hérault et Jean-François Leclerc de l’Aude. Dans tous les établissements on a encore noté cette année un nouvel affaissement des budgets sur les dépenses annexes : bar et snacking sauf si le rapport grande qualité et petit prix est au rendez-vous. Des gérants de camping nourrissent aussi des inquiétudes sur l’équilibre financier des supérettes avec la montée en puissance des établissements de grande distribution ou de hard-discount installés dans ou en lisière des grandes zones touristiques pour que les campeurs puissent se ravitailler à moindre coût. L’été 2019, vécu comme celui de tous les dangers économiques, va, assurément générer un hiver studieux et imaginatif pour éclairer la saison 2020 d’un jour nouveau.