Campings français: le bilan de la SAISON 2021

Rédaction - 20/10/2021

BILAN 21 OUV

Un ascenseur émotionnel permanent. C’est ainsi que les gestionnaires de camping résument cette saison 2021 qui a priori ne pouvait pas être pire que la précédente. Si d’un point de vue comptable, elle s’est révélée plutôt bonne voire meilleure que 2020 et 2019, elle a été malgré tout compliquée à piloter. On retiendra un lancement de saison stressant en raison de la situation sanitaire, des étrangers qui sont revenus mais moins nombreux qu’en 2019 (sauf les Britanniques, quasiment absents). Des Français qui eux étaient bien là, surtout en août. Et surtout une météo très défavorable pour le camping, en particulier dans la moitié nord de la France. Ah oui, on oubliait : on retiendra tout particulièrement la difficulté constante à trouver du personnel pour travailler sereinement…

Bourgogne-Franche-Comté: entre Covid et intempéries

BOURGOGNE

La saison 2021 en Bourgogne-Franche-Comté fut placée sous le signe de la pluie. Dès le printemps, « le mauvais temps nous a fait perdre les gros week-ends », explique Étienne Pascal (La Roche D’Ully à Ornans, dans le Doubs). Malheureusement, cela ne fut qu’un avant-goût d’un mois de juillet particulièrement pluvieux. « Avec une semaine de soleil en juillet, cela devient compliqué », ironise-t-il. Si pour certains, la pluie fut une gêne, elle a eu des conséquences catastrophiques chez d’autres. Ainsi, dans le Doubs et le Jura, les rivières en crue ont conduit à l’évacuation de plusieurs campings, dont celui de Besançon ravagé par les eaux. En Saône-et-Loire, les campings de bord de Saône furent également inondés pendant plusieurs jours. Un phénomène exceptionnel à cette date pour ces campings habitués aux crues hivernales. Depuis que l’on enregistre le niveau des rivières, jamais la Saône n’avait atteint sa cote d’alerte en juillet. Si les plus « chanceux » ne furent touchés que quelques heures, voire quelques jours, certains établissements eurent les pieds dans l’eau pendant plus d’une semaine. Ainsi, au Castel Château de l’Epervière (5 étoiles, 160 empl.), plus de la moitié du camping fut fermée au public pendant une dizaine de jours !

Selon qu’ils aient été ou non inondés et suivant l’importance de la basse saison dans leur chiffre d’affaires, on constate de grandes disparités. Ainsi, Philippe Marmin, président de la fédération HPA de Saône-et-Loire, évoque une assez bonne saison dans l’ensemble, mais ternie par les très mauvais chiffres de certains campings situés en vallée de Saône. Outre la perte d’exploitation liée à l’inondation, la météo de juillet, relayée dans les médias, fut une mauvaise publicité et un frein aux réservations pour la suite de la saison comme le souligne Étienne Pascal : « L’an passé, début juillet, il nous restait des disponibilités qui sont parties en dernière minute. Ce ne fut pas le cas cette année. »

Août, heureusement, fut bien meilleur que juillet : « Dans l’ensemble, nous avons fait un très bon mois d’août. Meilleur que 2020 qui, déjà, était très bon. » Il modère toutefois ce bilan car « nous avons manqué de campeurs, notamment du fait de l’absence d’une partie de la clientèle étrangère ». Même si elle n’a pas retrouvé ses chiffres de 2019, la région a enregistré une hausse chez les Néerlandais et les Belges. « L’an passé, la clientèle française représentait 80 %, cette année nous sommes revenus à 55 % de Français et 45 % d’étrangers. » Cette clientèle française qui semble s’installer dans le temps dans le paysage de la Bourgogne-Franche-Comté est l’une des satisfactions de la saison 2021 : « A la différence de 2020 où cette nouvelle clientèle française avait été très difficile, elle a été beaucoup plus agréable à gérer cette année. »