Campings français: le bilan de la SAISON 2021

Rédaction - 20/10/2021

BILAN 21 OUV

Un ascenseur émotionnel permanent. C’est ainsi que les gestionnaires de camping résument cette saison 2021 qui a priori ne pouvait pas être pire que la précédente. Si d’un point de vue comptable, elle s’est révélée plutôt bonne voire meilleure que 2020 et 2019, elle a été malgré tout compliquée à piloter. On retiendra un lancement de saison stressant en raison de la situation sanitaire, des étrangers qui sont revenus mais moins nombreux qu’en 2019 (sauf les Britanniques, quasiment absents). Des Français qui eux étaient bien là, surtout en août. Et surtout une météo très défavorable pour le camping, en particulier dans la moitié nord de la France. Ah oui, on oubliait : on retiendra tout particulièrement la difficulté constante à trouver du personnel pour travailler sereinement…

Paca: des raisons de se réjouir

PACA

Le Var a le vent en poupe, et le président de la SDHPA, Michel Nore, a de quoi se réjouir malgré un début de saison compliqué. « L’avant-saison a été loupée du fait des problèmes de mises en place par rapport à la situation sanitaire. Nous n’avons eu aucun étranger. Et en mai, aucun pont ! Par rapport à 2019, juin a été un peu hésitant, et début juillet, nous sommes à - 20 % par rapport à 2019. »

C’est par la suite que la situation s’est fort heureusement inversée, avec une forte demande à partir de la deuxième quinzaine de juillet jusqu’au 28 août. « Tous les hébergements étaient complets, un peu moins pour les emplacements nus. »

Certes, par rapport à 2019, les étrangers n’étaient pas présents, notamment les Belges et les Néerlandais. Mais la saison a été sauvée en juillet-août grâce aux Français. « Ceux qui avaient l’habitude de partir à l’étranger dans des hôtels ou clubs de haut standing sont venus dans le Var dans des campings 4 et 5 étoiles, offrant une belle qualité de services. Ce qui montre que tous les investissements réalisés ces dernières années ont été payants. 2021 est donc une excellente saison », se félicite Michel Nore.

Trois critères ont joué en faveur du Var cette année. Une très bonne météo dès les premiers jours de juillet, ce qui était loin d’être le cas dans l’ensemble de la France. L’offre nombreuse de campings 4 et 5 étoiles. « Sans oublier que le CDT et le CRT Paca ont fait un beau travail de communication auprès de la clientèle française, tient à souligner le président du syndicat. La clientèle régionale est quant à elle venue sur les ailes de saison. »

Le Var affiche un large sourire

« 2021 est donc une excellente année, supérieure de l’ordre de 6 % par rapport à 2019. Le téléphone n’a pas arrêté de sonner, on a refusé des clients. Lors des incendies en août, nous n’avions plus de places pour reloger les clients sinistrés. »

Toujours dans le Var, les gestionnaires ont toutefois pu constater que la clientèle se montrait de plus en plus exigeante, et plutôt impatiente. Mais il n’y a eu aucun souci dans la gestion et le contrôle du pass sanitaire. « Tout le monde s’est plié à la règle. Cela a permis une bonne fluidité lors des arrivées. Des étudiants ont été recrutés dans le Var pour vérifier les pass sanitaires, ajoute-t-il. Concernant les néo-campeurs, on a récupéré 5 à 6 % d’anciens campeurs qui avaient l’habitude de venir il y a quelques années. Ils sont revenus dans des hébergements. On espère bien évidemment les retrouver en 2022 ! »

Quant au mois de septembre, les réservations étaient « à un rythme normal par rapport à 2020. On espère obtenir les mêmes résultats qu’en 2019. Le taux de remplissage, pour l’heure, est de l’ordre de 30 à 40 %. En 2019, on était à 50 %. »

Enfin, les gestionnaires varois ont pu constater que les clients étaient très raisonnables sur les achats dans les restaurants et commerces. « Il y a eu beaucoup plus de ventes à emporter que de repas au restaurant. Les pizzas ont été les reines de la saison ! », conclut Michel Nore.

Même constat pour le département voisin des Bouches-du-Rhône. « Nous avons été complets dès le 10 juillet jusqu’à la fin août, constate Guylhem Féraud, président de l’HPA du département. Mais, fait nouveau, nous n’avons pas connu le creux que nous constatons habituellement entre juillet et août. »

La consommation baisse généralement d’année en année dans le département. Autre constat : « Il y a eu un frein à la baisse ! Et les réservations de dernière minute nous ont permis de remplir jusqu’à la fin de saison. »

A l’intérieur des terres, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la saison a également commencé tardivement. « En fait, Les étrangers sont arrivés plus tard que d’habitude, notamment les Néerlandais et les Belges, a pu constater Thierry Albano. Mais du coup, la saison a été plus longue, et les établissements bien complets jusqu’au 28 août. En revanche, pour septembre, nous sommes visiblement en retard par rapport à 2020, et même 2019. »

La consommation a été stable d’après les échos de ses collègues. Mais le président du syndicat se montre plutôt optimiste : « Cette saison va permettre, je pense, de relancer l’investissement. Il y a eu une nouvelle dynamique. Nous sommes plus joyeux que l’été dernier ! »

L’attrait de la montagne dans les Hautes-Alpes

L’attrait de la montagne ne se dément pas. Les gestionnaires des Hautes-Alpes ont pu le constater cette année encore. « Cet été a été meilleur que 2020, même s’il a mis du temps à démarrer. Nous avons eu peu de passage jusqu’à la mi-juin, hormis les habitués », annonce Franck Velay, président du syndicat HPA du département.

La clientèle française a permis de réaliser une bonne saison en l’absence des étrangers. « Les locatifs ont très bien fonctionné, et nous avons eu un très bon mois d’août. Nous sommes très contents. Nous avons tout de même pu constater que leur pouvoir d’achat n’était pas très élevé. Certains vacanciers ont découvert la montagne pour la première fois. Environ 10 % dans notre département. Pour l’heure, la demande est plutôt correcte pour septembre. »

Dans le Vaucluse, juillet-août a permis de « rattraper le retard du début de saison », résume Jeannine Guindos, présidente départementale du syndicat HPA. « Beaucoup de Français ont sauvé la saison et, fait nouveau, nous avons retrouvé la clientèle néerlandaise. Septembre s’annonce plutôt bien dans le département. La saison sera supérieure à celle de 2020 pour la plupart des campings, mais nous ne retrouverons toutefois pas le niveau de 2019. » Jeannine Guindos le regrette même si elle n’a pas eu toutes les remontées d’information de ses collègues.

Enfin, dans les Alpes-Maritimes, l’ambiance n’est pas vraiment à la fête. La saison a été tardive, pour ne commencer véritablement qu’à partir du 20 juillet jusqu’à fin août. « Nous avons été complets en août sur le littoral », explique Yves Monferran, président du SDHPA. Mais la situation a été très différente dans l’arrière-pays et la vallée de La Roya, durement touchée par la tempête Alex en octobre dernier. « Cela a été très difficile pour eux. Ils ont fait une mauvaise saison. Je pense que nous allons vivre encore deux années difficiles. »