La CPME souhaite faire du tourisme un levier de croissance prioritaire
A un an de l’élection présidentielle, la Confédération des petites et moyennes entreprises a démontré comment l’activité touristique pourrait atteindre 10 % du PIB à l’horizon 2035 et générer 60 milliards d’euros supplémentaires.
« Osons la croissance touristique ». Tel était le fil rouge de la conférence de presse organisée le 26 mars par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) dont Nicolas Dayot, président de la FNHPA, est membre du comité exécutif en charge du tourisme.
A un an de l’élection présidentielle, les acteurs du tourisme souhaitent en effet se mobiliser et alerter les pouvoirs publics pour qu’ils prennent conscience combien le tourisme peut être un levier de croissance en portant cette activité à 10 % du PIB (la moyenne européenne) d’ici 2035 contre 8 % aujourd’hui.
Conjointement, Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, et Nicolas Dayot, ont présenté leur plan d’actions qui permettrait de générer 60 milliards d’euros supplémentaires pour le pays.
Après avoir rappelé les atouts du tourisme français (première destination mondiale avec 102 millions de visiteurs internationaux ; 2 millions d‘emplois directs et indirects ; 77,5 Mds d’euros de recettes internationales, un écosystème avec des formations d’excellence…), Amir Reza-Tofighi s’est attardé sur les faiblesses. « Notre compétitivité s’érode. Nous avons de nouveaux concurrents solides. Nous sommes le premier pays en termes de destinations, mais nous ne somme que le 4e en termes de valeurs générées. Et face à cela, nous avons des freins persistants : la fiscalité, les normes, les difficultés de recrutement… Il faut changer les choses et faire en sorte que le tourisme devienne une priorité économique stratégique. »
Organiser des Assises nationales du Tourisme
Pour y parvenir, la CPME a présenté son plan qui prévoit de mieux accompagner les transformations écologique et numérique, de redonner de l’oxygène aux entreprises en matière fiscale et normative. « On a trop de contraintes, de dossiers bloqués. » Il a aussi été question de renforcer l’attractivité des métiers du tourisme.
Enfin, la CPME a insisté sur l’organisation d’une nouvelle édition des Assises nationales du Tourisme, dont la dernière édition remonte à 2014. « Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027, il faut faire du tourisme un élément majeur de développement. Il faut arrêter de prendre la question avec le prisme du surtourisme qui veut limiter le tourisme. Pour nous le tourisme est une chance pour la France ! »
De son côté, Nicolas Dayot en charge du Tourisme au sein de la CPME a rappelé que la France était enviée, mais qu’elle ne pouvait s’en satisfaire. Et de souligner qu’au début des années 2000, elle était le seul pays à enregistrer plus de 400 millions de nuitées en hébergements collectifs touristiques (campings, hôtels, villages de vacances…). « L’an dernier, nous étions à 451 millions de nuitées quand l’Espagne est à 500 millions, tandis que l’Italie pour la première fois réalise 458 millions et nous passe devant. En clair, la France, championne du monde du tourisme n’est que le 3e pays en fréquentation d’hébergements collectifs. Preuve que d’autres vont beaucoup plus vite que nous. »
Le tourisme : une chance pour la France
Revenant sur les blocages principaux dans le monde du tourisme, le président de la FNHPA a regretté que l’activité touristique soit parfois considérée comme un gros mot. « Dire « Oser le développement touristique » est une formule presque provocatrice pour certains qui veulent réduire cette activité. Mais un pays endetté comme le nôtre, avec son déficit budgétaire, ses contraintes financières, ne peut pas faire l’impasse sur 60 milliards d’euros de PIB supplémentaires. »